Les lumières de la grande salle se sont éteintes hier. Après une semaine de discours fleuves, de poignées de mains et de pics diplomatiques, la 81e Assemblée Générale des Nations Unies a baissé le rideau le 29 septembre. Mais à l'ONU, la fin des discours ne signifie jamais la fin de la politique. Au contraire, c'est maintenant que la vraie partie commence. Et cette partie a un nom : la succession d'Antonio Guterres.
Successivement, les représentants des pays se sont succédé à la tribune pour s'exprimer. Des vérités selon les positions ont défilé devant l'auditoire. Ailleurs, l'on s'est contenté de vendre des produits au monde. Par endroits, il s'agit de mettre à profit le créneau pour des réclamations. De même, des tirs à boules rouges ont meublé certaines interventions. Quand-même, tout le monde a eu l'opportunité de se vider. Les paroles étant dites, des notes prises et frustrations enregistrées puis des fiertés enfilées, le temps s'est glissé au moment décisif, celui de se pencher sur les dossiers devant conduire à la prochaine élection du Secrétaire général de l'ONU qui va hériter le fauteuil d'Antonio Guterres.

Ce mercredi 30 septembre, le Conseil de Sécurité se réunit pour le 4e et dernier vote indicatif. C'est l'heure de vérité pour Macky Sall et ses challengers. L'ancien président sénégalais, candidat déclaré, est en position très fragile. Au dernier tour du 18 septembre, il n'a recueilli que 5 voix favorables contre 9 défavorables. La règle est implacable : il faut au moins 9 voix sur 15 et aucun veto des cinq grands (USA, Russie, Chine, France, Royaume-Uni) pour devenir Secrétaire Général. Malgré le soutien affiché à la tribune par son successeur Bassirou Diomaye Faye, Macky Sall fait face à la dure loi de la géopolitique. L'Ougandais Olara Otunnu pousse fort, mais surtout, le principe de rotation géographique pourrait profiter à un candidat latino-américain.

L'Afrique quitte la tribune, mais pas le combat
Si le Sénégal joue sa carte personnelle, le Sahel a joué sa carte collective. Au nom de la Confédération des États du Sahel (AES), le Burkina Faso a lancé à la tribune une charge d'une rare violence, demandant à la communauté internationale de « condamner sans calcul géopolitique tous ceux qui financent, arment et renseignent les terroristes ». Le Mali a même accusé nommément l'Ukraine d'être un « sponsor étatique » du terrorisme. Ces dossiers explosifs quittent maintenant la tribune pour atterrir sur la table feutrée du Conseil de Sécurité. C'est là que se décideront les sanctions, les enquêtes et les soutiens militaires.
Une ONU en faillite
Enfin, la session s'achève sur une ONU au bord de la banqueroute. Frappée par le refus de l'administration Trump de payer 1,5 milliard de dollars d'arriérés, l'organisation a annoncé une cure d'austérité historique : -15% de budget et 2.600 postes supprimés. La conséquence pour l'Afrique sera immédiate et douloureuse : moins de rations pour les réfugiés soudanais, moins de vaccins, et des casques bleus moins nombreux.

