Les opérations se multiplient. 35 nouvelles arrestations viennent s'ajouter à la longue liste des interpellations pour "actes contre nature" au Sénégal, qualification juridique utilisée pour les relations entre personnes de même sexe.
Au Sénégal, c'est une nouvelle vague d'arrestations dans le cadre du durcissement de la loi contre les "actes contre nature". Ces arrestations s'inscrivent dans une campagne de démantèlement menée depuis le début 2026 par les brigades de recherches de la gendarmerie. Le pays a voté en mars une nouvelle loi doublant les peines pour relations homosexuelles, désormais passibles de cinq à dix ans de prison.
Depuis son entrée en vigueur le 30 mars, la répression a abouti à l'arrestation de dizaines de personnes, selon un décompte de la presse sénégalaise. Rien que ces derniers mois, les chiffres sont révélateurs de la volonté des autorités de mettre fin à ce phénomène. Ainsi, 71 hommes ont été renvoyés devant le tribunal pour "actes contre nature" et association de malfaiteurs à Pikine-Guédiawaye, tandis que 28 ont bénéficié d'un non-lieu. De même, 47 personnes à Saint-Louis ont été incriminées pour actes contre nature, association de malfaiteurs et transmission volontaire du VIH. Plus d'une vingtaine à Tambacounda est tombée dans la maille des enquêteurs.
Ils sont traqués pour des faits bien précis qui sont réprimés par la loi de la sénégalaise. Les dossiers retiennent généralement trois axes. D'abord, ils sont poursuivis par la justice pour “Association de malfaiteurs”, ensuite pour actes qualifiés d' "actes contre nature" et enfin, dans certains cas, l'accusation porte sur la transmission volontaire du VIH et de mise en danger de la vie d'autrui. Les interpellations se font souvent sur dénonciation, après fouille de téléphones portables ou exploitation de sites de rencontre. Pour l'heure, le parquet n'a pas encore communiqué officiellement sur ces 35 nouvelles arrestations. L'affaire reste en instruction.

