Société

Bénin : 4.453 enfants en situation de rue et de mendicité, le gouvernement tape du poing sur la table

Administrateur14 octobre 20262 min de lecture153 vues
Bénin : 4.453 enfants en situation de rue et de mendicité, le gouvernement tape du poing sur la table
Les imams et chefs traditionnels présents ont formellement désavoué toute justification doctrinale, rappelant que l'Islam prohibe la mendicité et fustigeant certains maîtres coraniques dévoyés. Pour pérenniser l'engagement, le gouvernement propose…

Le gouvernement passe de la sensibilisation à la répression. Trois ministères ont scellé à Parakou le "Pacte de Parakou" pour éradiquer la mendicité infantile dans le Nord.

Face à la persistance alarmante du phénomène, l'exécutif béninois durcit le ton. Ce mardi 13 octobre 2026, la préfecture de Parakou a abrité une concertation de haut niveau réunissant le ministère de la Famille et de l'Action Sociale, le ministère de l'Intérieur et de la Sécurité Publique, et le ministère de la Décentralisation.

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Autour de la table : les préfets du Borgou, de l'Alibori, de l'Atacora et de la Donga, les autorités judiciaires, les forces de sécurité, les maires, ainsi que les leaders religieux et traditionnels. Le tableau présenté est sombre. Selon la ministre de la Famille, Véronique Tognifodé, 4 453 enfants en situation de rue et de mendicité ont été officiellement dénombrés entre janvier 2019 et juin 2026 dans les quatre départements septentrionaux. La Directrice Générale des Affaires Sociales, Nadège Ahoga, a pointé les foyers les plus critiques : Kandi, Malanville et N'Dali, où des cohortes de mineurs en âge d'obligation scolaire sont détournées des salles de classe vers l'asphalte.

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Place à la répression

Le message du gouvernement est désormais clair : la phase de pédagogie est terminée. « Nous avons fait assez de sensibilisation et il faut passer à la répression », a martelé le ministre de l'Intérieur, Djibril Mama Cissé. « Chaque enfant qui se retrouve dans la rue est un échec pour notre société », a-t-il enchaîné. Même fermeté du côté du Préfet du Borgou, Abdoul-Chakour Assouma Naro. « De façon ferme, il est temps d'aller à la répression. C'est de la traite d'enfants. Ne soyez pas complices. Dénoncez ».

Les autorités dénoncent des pratiques d'exploitation économique des mineurs, parfois sous couvert d'éducation coranique. Les imams et chefs traditionnels présents ont formellement désavoué toute justification doctrinale, rappelant que l'Islam prohibe la mendicité et fustigeant certains maîtres coraniques dévoyés. Pour pérenniser l'engagement, le gouvernement propose la signature du "Pacte de Parakou", un engagement moral et communautaire scellant l'alliance entre l'État, la justice et les autorités religieuses. Un premier bilan d'étape est prévu dans six mois pour mesurer l'application stricte des textes en vigueur.

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