Adopté le 20 octobre 2026, le nouveau Code pénal réintroduit la re-pénalisation des délits de presse. Un recul majeur pour la liberté de la presse.
Le coup est rude pour la presse burkinabè. Au milieu du rétablissement de la peine de mort, une autre mesure est passée quasi inaperçue mardi. L'Assemblée Législative du Peuple (ALP) a voté à l'unanimité des 71 membres la relecture du Code pénal de 2018. Dans le lot, le retour de la re-pénalisation des délits commis par voie de presse. Concrètement, qu'est-ce que ça change ? Depuis 2018, un journaliste accusé de diffamation ou d'injure via la presse risquait une amende, jugée par un tribunal civil. Désormais, il risque à nouveau la prison ferme, devant un tribunal correctionnel. Pour le gouvernement du Ministre de la Justice Edasso Rodrigue Bayala, il s'agit “d'adapter l'arsenal juridique aux exigences de protection de la société et de consolidation des valeurs de la Nation”.
Du côté des défenseurs de la liberté d'expression, c'est un retour en arrière de huit ans. Dans un contexte sécuritaire tendu, où plusieurs médias et journalistes ont déjà été suspendus ou interpellés pour des publications jugées sensibles, cette loi fait craindre l'autocensure généralisée. Le nouveau Code pénal compte 933 articles et doit encore être promulgué par le Président de la Transition, le Capitaine Ibrahim Traoré, pour entrer pleinement en vigueur. Le message est clair. Au Burkina Faso, la presse jouera désormais avec la prison au-dessus de la tête.

