- Huit ans après son abolition, Ouagadougou rétablit la peine de mort pour faire face au terrorisme.
Coup de barre sécuritaire à Ouagadougou. L'Assemblée Législative du Peuple (ALP) a adopté à l'unanimité, ce mardi20 octobre 2026, le nouveau Code pénal qui réintroduit la peine de mort.
71 députés présents, 71 voix pour. Le texte défendu par le ministre de la Justice Me Edasso Rodrigue Bayala vise, selon le gouvernement, à "renforcer l'ordre public et adapter la législation aux évolutions de la criminalité". La peine capitale avait été supprimée en mai 2018 sous Roch Kaboré.

Elle revient pour 5 types de crimes a savoir le errorisme et complicité de terrorisme, l'espionnage et trahison contre la sûreté de l'État, le parricide et l'importation de produits périmés ou prohibés ayant entraîné la mort. Le nouveau Code durcit aussi les peines d'emprisonnement, les amendes et introduit de nouvelles infractions liées à la cybercriminalité.
Le Burkina Faso, dirigé depuis septembre 2022 par le capitaine Ibrahim Traoré, fait face à une insécurité jihadiste qui contrôle près de 40% du territoire. Les autorités estiment que la réponse pénale actuelle est insuffisante. Ouagadougou rejoint ainsi le Mali et le Niger, où la peine de mort n'a jamais été abolie dans les textes, même si elle n'est plus appliquée. Aucune réaction officielle des ONG pour l'instant. Mais Amnesty International avait déjà qualifié en 2018 l'abolition burkinabè de "victoire historique pour l'Afrique de l'Ouest". L'organisation devrait dénoncer ce recul.

