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Deuil au sommet de l'état camerounais : le décès qui bouscule les institutions de la République

Administrateur5 octobre 20262 min de lecture230 vues
Deuil au sommet de l'état camerounais : le décès qui bouscule les institutions de la République
Deuil au sommet de l'état camerounais : le décès qui bouscule les institutions de la République Le Cameroun vient de perdre l'un des piliers de son architecture…

Le Cameroun vient de perdre l'un des piliers de son architecture institutionnelle. Clément Atangana, premier président de l'histoire du Conseil constitutionnel, est décédé ce dimanche 04 octobre 2026 à Paris, à l'âge de 85 ans. Un décès qui ouvre une séquence d'incertitude au cœur de l'État.

Le haut magistrat s'est éteint aux environs de 5h22 du matin à l'Hôpital américain de Paris. Il y avait été évacué d'urgence il y a moins d'une semaine, en avion médicalisé, sur haute instruction du Président Paul Biya, après une dégradation brutale de son état de santé à l'Hôpital Général de Yaoundé. L'information a été confirmée par son fils aîné, Victor Atangana : « Le Ministre secrétaire général à la présidence a tout organisé (...) la situation était un peu stable mais à notre grande surprise, ce matin à 5 heures, notre petite sœur qui était à son chevet, nous fait comprendre qu’il est allé se reposer ».

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Un vide institutionnel majeur

Ce décès n'est pas anodin. Magistrat hors hiérarchie entré en magistrature le 20 décembre 1968, il a traversé près de 60 ans de l'histoire judiciaire du pays : juge à Nkongsamba, président de tribunaux dans cinq régions, Procureur Général du Nord, Président de la Chambre administrative de la Cour Suprême. Rappelé de sa retraite en 2014, il est nommé le 7 février 2018 à la tête du Conseil constitutionnel, une institution dormante depuis 22 ans que Paul Biya décide enfin d'activer. Depuis, il en était devenu l'incarnation absolue. C'est sa voix grave qui a scellé le sort des deux scrutins présidentiels les plus contestés du pays, avec le mot qui est entré dans le vocabulaire politique camerounais : « Irrecevable ».

Et maintenant ?

Son décès bouscule la République. Le Conseil constitutionnel est la clé de voûte de l'État : il juge de la constitutionnalité des lois, tranche les conflits électoraux et en cas de vacance à la présidence de la République, c'est son président qui constate la vacance. Dans un contexte où le Cameroun s'interroge déjà sur l'après-Biya, la question de son successeur est hautement stratégique. Il appartient au seul Président de la République de nommer son remplaçant. Un choix qui sera scruté comme le premier acte de la future transition.

Né le 20 septembre 1941 à Ekoumeyeck (Nyong-et-So'o), Clément Atangana laisse derrière lui huit enfants et une institution qu'il aura façonnée à son image.

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