Cinq mois après son déclenchement en RDC, l'épidémie d'Ebola à virus Bundibugyo franchit les frontières et touche désormais trois régions d'Afrique. Face à l'extension au Kenya et au Nigeria, Africa CDC convoque une réunion virtuelle extraordinaire des ministres de la Santé le 28 octobre. Le Bénin de son côté, en préalerte, renforce sa surveillance.
Officiel ! Le continent africain fait face à l'épidémie d'Ebola la plus étendue géographiquement jamais enregistrée. L'annonce a été faite ce 21 octobre depuis Addis-Abeba par Africa CDC. La situation a mis l'Afrique sur le qui-vive et des mesures urgentes s'apprêtent à être prises. Le virus en cause : Bundibugyo. Une souche particulièrement meurtrière, pour laquelle “il n'existe à ce jour ni vaccin, ni traitement spécifique”, selon l'Organisation des nations unies (OMS). La République démocratique du Congo, RDC, l'épicentre, présente un bilan alarmant à ce jour. Le dernier point fait état de 9 637 cas confirmés et 4 646 décès au 19 octobre, soit 48% de létalité. Le pays compte 66 zones de santé touchées dans 8 provinces sur 26, avec 937 patients en isolement.
S'agissant des autres pays touchés, le Kenya a enregistré 9 cas confirmés au 20 octobre dont 1 décès. Selon les informations, tous les patients étaient des contacts déjà suivis, mais le patient zéro avait transité par 3 pays (RDC → route vers Kampala → vol vers Nairobi). Au Nigeria, plus récent, c'est le tout 1er cas qui a été confirmé le 20 octobre à Abuja. Il s'agit d'une femme, épouse d'un diplomate selon Africa CDC, arrivée d'Ouganda le 3 octobre. 44 contacts, dont une majorité de personnels de santé, sont sous surveillance. Son état s'est dégradé en défaillance multi-organes. Ouganda est l'autre pays touché. Il a été déclaré Ebola-free en juillet par les autorités après 20 cas dont 15 importés de la RDC. Mais, à présent la vigilance est renforcée.

Prendre la mesure de la situation
L'Africa Centres for Disease Control and Prevention (CDC) avait déclaré l'épidémie « Urgence de Santé Publique de Sécurité Continentale» le 18 mai 2026. Prenant sa responsabilité face à la situation, une rencontre de haut niveau est projetée pour le 28 octobre 2026. « Ebola franchit les frontières. Notre riposte doit aller plus vite, avec une meilleure coordination, une solidarité renforcée et un leadership politique déterminé. Nous disposons, en Afrique, de l'expertise et des capacités nécessaires. Nous devons les mobiliser ensemble pour mettre fin à cette épidémie et sauver des vies », a indiqué Dr Jean Kaseya, Directeur général de Africa CDC. La réunion du mercredi 28 octobre ne sera pas en présentiel, mais virtuelle. Elle revêt une importance capitale et vise 4 objectifs à savoir : Évaluer la situation épidémiologique réelle, renforcer les activités transfrontalières, accélérer l'appui aux pays touchés (RDC, Kenya, Nigeria) et consolider la surveillance dans les hôpitaux publics et privés.
Ce grand rendez-vous des patrons de la santé publique des pays africains a également pour substance, la préparation d'un “Sommet des Chefs d'Etat et de Gouvernement” sous le leadership du président burundais Évariste Ndayishimiye, président en exercice de l'Union Africaine. En attendant, Africa CDC a lancé un appel urgent à la solidarité internationale : “ACT NOW”, estimant que c'est déjà l'épidémie la plus rapide et la 2e plus meurtrière après celle de 2014-2016 en Afrique de l'Ouest. Et le Bénin ? Dans ce contexte, le Ministère de la Santé a placé le pays en préalerte dès le 20 octobre. Aucun cas enregistré, mais renforcement des caméras thermiques et salles d'isolement à l'aéroport de Cotonou. Une mesure préventive que Dr Kaseya salue comme exemple de transparence.

