Coup de tonnerre au Caire. Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi a annoncé samedi 17 octobre 2026 qu’il quittera le pouvoir à la fin de son mandat actuel en 2030. Une déclaration qui met fin à des mois de spéculations sur une nouvelle révision constitutionnelle.
C’est devant les nouveaux diplômés de l’Académie militaire égyptienne, dans la Nouvelle Capitale Administrative, que le Raïs a fait l’annonce. « L’année 2030 marquera la fin de mon mandat présidentiel. Cette question est entièrement tranchée », a-t-il déclaré, avant d’ajouter avec fermeté : « J’ai dit que la Constitution égyptienne ne sera pas touchée. C’est une question entièrement tranchée qui ne sera pas discutée ». Au pouvoir depuis le coup d’Etat de 2013 ayant renversé le président islamiste Mohamed Morsi, le maréchal âgé de 71 ans effectue actuellement un mandat de six ans, après sa réélection en décembre 2023. Il avait pu briguer ce troisième mandat grâce aux amendements constitutionnels de 2019, qui avaient fait passer la durée du mandat de quatre à six ans.
Le plan Sissi pour l’après-2030 : une armée qui fabrique des présidents
Au-delà de l’annonce de son départ, c’est son projet de succession qui a marqué les esprits. Le président a dévoilé la création d’une nouvelle filière d’élite au sein de l’Académie militaire : une formation de 30 mois destinée à des titulaires de doctorats (PhD) issus des universités égyptiennes et étrangères. Objectif : préparer la prochaine génération de dirigeants du pays – présidents, ministres, gouverneurs, parlementaires.
Pour cela, une commission nationale présidée par le président du Parlement et composée d’intellectuels, de politiques et des ministres de l’Enseignement supérieur et de la Justice sera chargée de définir les critères de sélection. « Je ne quitterai pas l’État égyptien sauf quand il sera rempli de fils et filles capables d’assumer la responsabilité », a-t-il insisté, liant explicitement l’avenir du pays au rôle de l’armée comme garante de l’ordre constitutionnel. Une annonce qui, si elle rassure sur le respect du calendrier électoral, confirme pour ses détracteurs la mainmise durable de l’institution militaire sur la vie politique égyptienne.

