Économie

Flambée du prix du charbon de bois au Bénin : Une équation de plus dans les ménages

Administrateur24 septembre 20264 min de lecture15 vues
Flambée du prix du charbon de bois au Bénin : Une équation de plus dans les ménages
A l'arrivée, le sachet du charbon autre fois livré à 250f est à 500f sans une négociation possible. Les prix sont doublés et plus encore. Puisque les gouvernants ont mis du sérieux pour protéger l'écosystème, ils ne se sont pas juste contentés de la surveillance de nos forêts...

En l'espace de quelques semaines, le prix du sac de charbon de bois a presque doublé sur les marchés béninois. De Parakou à Abomey-Calavi, les ménages peinent à joindre les deux bouts, entre déforestation, coût du transport et les corollaires.

C'est devenu le casse-tête quotidien des femmes. Au marché Ganhi de Cotonou comme à Arzèkè à Parakou, le constat est le même, amer : le charbon de bois flambe. Le sac de 50 kg, qui se négociait entre 7 000 et 9 000 FCFA en début d'année, s'affiche désormais entre 13 000 voire plus. La petite bassine, unité de mesure des plus modestes, est passée de 500 à 1 200 FCFA. Une hausse de plus de 60% qui étrangle les ménages.

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Les ménages asphyxiés

« On ne peut plus faire trois repas par jour. Je suis obligée de réduire les cuissons », confie Maman Chantal, vendeuse de beignets à Godomey. Pour elle, comme pour des milliers de béninoises, le charbon n'est pas un luxe, c'est la seule source d'énergie accessible au regard de la cherté du prix du gaz domestique. « Tout le monde n'a pas les moyens de se payer le gaz et même si, nous ne pouvons utiliser le gaz pour la cuisson des nourritures à vendre », se plaint dame Eudoxie, vendeuse du riz au quartier Houètô dans la commune d'Abomey-Calavi. Conséquence directe de cette situation, les restauratrices augmentent leurs prix, les ménages se rabattent sur le bois de chauffe, qui également reste difficile d'accès même quand on sait que son utilisation massive va aggraver la pression sur la forêt.

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Les causes d'une flambée

Plusieurs facteurs expliquent cette envolée selon nos investigations. En première position, l'on dénombre la raréfaction de la ressource. Ici, les populations sont grandement coupables. Elles font preuve d'une déforestation incontrôclée qui inquiète tout le monde. Ainsi, l'État central a pris ses responsabilités pour protéger l'environnement et de surcroît protéger ses filles et fils. C'est aussi que les forêts classées sont de plus en plus surveillées et la coupe anarchique est réprimée par l'administration des Eaux et Forêts, ce qui réduit l'offre. Cet état de choses débouche logiquement sur les difficultés dans le transport du charbon de bois.

Charbonniers et grossistes évoquent la cherté du transport pour acheminer le produit des zones de production vers le nid de la demande. Pour ne pas faire faillite, ils essaient de trouver le juste milieu pour rentabiliser leurs investissements. A l'arrivée, le sachet du charbon autre fois livré à 250f est à 500f sans une négociation possible. Les prix sont doublés et plus encore. Puisque les gouvernants ont mis du sérieux pour protéger l'écosystème, ils ne se sont pas juste contentés de la surveillance de nos forêts. Des lois ont été prises. C'est ainsi que les charbonniers évoquent les taxes sur les transports. Selon sieur Saturnin qui exerce dans l'achat et la vente de l'or noir végétal, « sur le trajet, les chargements subissent plusieurs contrôles et taxes, parfois même informelles, qui se répercutent sur le prix final ». Un autre acteur a ajouté. « Avant, un camion de charbon quittait N'Dali avec 100 sacs. Aujourd'hui, on a peur des saisies, donc on transporte moins et ça coûte plus cher », explique le grossiste sous anonymat.

Quelle solution rapide ?

Face à cette crise silencieuse, l'urgence est signalée. Le gouvernement promeut le gaz domestique et les foyers améliorés. Mais sur le terrain, l'adoption reste faible. Aussi, l'État a tracé les lignes à suivre pour ne pas être là propre cause du malheur qui peut nous arriver en fronçant la tête baissée dans la déforestation. En attendant, c'est le pouvoir d'achat des plus pauvres qui part en fumée. Et sans régulation forte de la filière emprunte d'accessibilité à toutes les couches, cette équation risque de devenir insoluble pour les ménages béninois.

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