
Le Sénégal a encore frappé. Dans sa farouche répression contre les pratiques d'homosexualité, trois femmes ont écopé cinq ans de prison ferme avec des amendes à payer.
Dakar ne badine pas avec les “ actes contre nature ”. Ce jeudi 30 juillet 2026, le tribunal de grande instance de Kédougou a condamné trois femmes à cinq ans de prison ferme. Elles ont été jugées et reconnues coupables « d'actes contre nature ». En plus de la peine de prison prononcée à l'encontre du trio, la justice a également infligé une amende de 500.000 francs CFA à chacune d'elles.
Incriminées pour « actes contre nature », définition donnée à l'homosexualité par l'article 319 du code pénal sénégalais, les téléphones portables du groupe des prévenues composé de deux ressortissantes nigérianes et une sénégalaise. A l'extraction des données des téléphones desdites femmes, le procureur y a découvert des conversations, des photographies et des vidéos à caractère sexuel. La Cour s'est appuyé sur ces preuves.

Au Sénégal, le ton est devenu plus dur en mars dernier au sujet des actes de ce genre. Une révision de l'article 319 a indiqué que le code pénal punit les actes qualifiés d'« impudiques ou contre nature » commis avec une personne de même sexe. Au lieu d'1 à 5 ans de prison, la modification a ramené la sanction de 5 à 10 ans d'emprisonnement ferme en plus des amendes. Ce sont donc ces dispositions qui ont frappé les deux femmes venues du Nigeria et leur acolyte locale. Dans cette affaire, les avocats de la défense ne comptent pas abdiquer. Ces derniers ont évoqué une violation des procédures du Code de procédure pénale par les enquêteurs de la gendarmerie. Dans la foulée, ils ont annoncé qu'ils porteraient l'affaire devant la cour d'appel de Tambacounda.

