En marge de la fête traditionnelle Itchoulé 2026 à Miniki, arrondissement de Kpataba, commune de Savalou, un champion de la lutte traditionnelle s'est confié à la Rédaction de TruthOfNews. Dans ses propos, Léon Ogougra Tchégbé est revenu sur ses débuts dans la lutte traditionnelle, ses aventures lors des challenges à Miniki et surtout les coulisses d'avant le combat.
Vous êtes un lutteur traditionnel. C'est quoi la lutte traditionnelle ?
La lutte traditionnelle est un amusement, c'est un challenge que nos parents ont l'habitude de faire. On est né, on est venu trouver ça avec eux. Moi, mon père a l'habitude d'aller faire la lutte traditionnelle. C'est quelque chose qu'on a appris depuis qu'on était enfant. Quand on va au champ avec les parents, quand on finit de manger, les parents nous exercent. Avec les frères, on fait la lutte. Et les parents nous corrigent, nous entraînent.
Et comment ça s'organise concrètement à Itchoulé ?
C'est au dixième mois qu'on organise la lutte et on s'organise depuis la maison. On se prépare depuis la durement. Et on est nombreux, on se subdivise même en deux. Les viennent de plusieurs villages, Galata, Mayamon, Gouka, Gbêdjê, Kafégnigbé et bien d'autres. Moi je suis resté et j'ai lutté pour le compte de mon groupe village Galata et j'ai été champion deux fois successivement.
Comment on se sent quand on veut faire la lutte à Itchoulé ?
On dégage la confiance de sa position en attendant de s'engager. Mais si tu es sûr de toi que tu es capable de battre celui qui vient de remporter une lutte, tu le guettes. Dès qu'il l'emporte sur quelqu'un, toi aussi tu sautes sur le ring pour l'attendre et l'affronter. Au niveau de la lutte à Itchoulé, on ne porte pas de bague au doigt, on ne doit pas non plus porter d'amulettes avant d'aller là-bas. Mais il y a quand même des préparatifs que l'on se permet de faire depuis la maison à l'aide des sages. C'est cela qui reste ton support sur le champ de la compétition.
Raconte-nous le jour où tu as été champion.
Bien évidemment, j'ai été champion et vraiment, ça m'a réconforté avec mon groupe. Lorsque j'ai été champion, j'ai sauté par-dessus l'enclos et il y a un endroit qu'on appelle "ôroun gbogbo". C'est là que tu cours et tu vas, après être sorti vainqueur, et c'est là que tu cours, c'est là le champion va en courant pour aller fermer le portail. Et c'est là que le grand amusement commence.
Un mot à l'endroit des organisateurs ?
Oui, nous leur disons tout simplement merci beaucoup.
Propos recueillis : Narcisse WINSAVI / Transcription : Clément WINSAVI

