Pour l'autorité régulatrice des médias nigérians, il s'agit d'une décision normale. Mais du côté des journalistes, les concernés, et l'Amnesty international, c'est plutôt un abus. Dans une notice de la National broadcasting commission (NBC) en date du 17 avril 2026, le régulateur des médias du Nigeria présume que des organes de presse « s'écartent de leur obligation fondamentale d'informer avec exactitude, impartialité et professionalisme ». Elle pensent que les médias « montrent d'opinion personnelle » pendant qu'ils devraient préserver « équilibre et neutralité » dans leur travail. Alors, la NBC menace. « Les émissions incendiaires, clivantes ou non fondées s'exposeront à des sanctions réglementaires ». Le régulateur a également sommé les acteurs politiques de ne pas utiliser des médias pour inciter au désordre.
C'est un prétexte. Rétorquent la cible. Le Syndicat nigerian des journalistes ne comptent pas se laisser duper. Selon lui, ces mesures prises par la NBC constituent « une tentative déguisée de museler les médias et d'institutionnaliser la censure ». Amnesty International est dans la même longueur d'ondes que les journalistes. L'organisation parle « d'une circulaire aberrante ». D'autres voix se sont élevées contre cette décision de l'autorité de régulation de la presse. C'est l'exemple de l'Ong locale Serap qui a demandé au président du pays Bola Tinubu de retirer la directive de la NBC qui, selon elle, est illégale. Les médias nigérians comptent intensifier leur lutte jusqu'à satisfaction.

