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ONU : Le retrait très calculé de Macky Sall, ou l'art de perdre pour mieux se placer

Administrateur18 octobre 20263 min de lecture36 vues
ONU : Le retrait très calculé de Macky Sall, ou l'art de perdre pour mieux se placer
ONU : Le retrait très calculé de Macky Sall, ou l'art de perdre pour mieux se placerMacky Sall a jeté l'éponge. Mais a-t-il vraiment perdu ? L'annonce de ce 17…

Macky Sall a jeté l'éponge. Mais a-t-il vraiment perdu ? L'annonce de ce 17 octobre depuis Marrakech, où il retire sa candidature au poste de Secrétaire général de l'ONU à l'issue du vote informel du 16 octobre, était prévisible. Trop prévisible pour ne pas être calculée.

Dès le départ, l'ancien président sénégalais savait. Il savait que le jeu était plié. Depuis des mois, tous les signaux au Conseil de sécurité indiquaient une orientation claire : une candidature issue d'Amérique latine et des Caraïbes, de préférence féminine. Le fameux principe de rotation géographique, que Macky Sall connaît par cœur. Il savait qu'un ancien chef d'Etat africain, à peine sorti du pouvoir et contesté chez lui, ne passerait pas le cap des P5.

Mais il a poussé quand même. Pourquoi ? Parce que dans la haute diplomatie, une candidature n'est pas toujours faite pour gagner. Elle est faite pour se vendre cher. En se déclarant, en ouvrant un site de campagne "mackysall4un.org", en s'offrant le parrainage du Président en exercice de l'Union Africaine, Evariste Ndayishimiye, et le soutien du Président en exercice de la CEDEAO, Bassirou Diomaye Faye, Macky Sall s'est acheté une virginité internationale. Il est passé du statut d'ex-président sous pression judiciaire à Dakar à celui de "candidat de l'Afrique" à New York. Chaque vote test, même perdu, était une monnaie d'échange. Chaque rencontre avec un membre du Conseil de sécurité était une ligne de plus sur le CV.

Le retrait du "responsable".

Son communiqué est un chef-d'œuvre de mise en scène. Il parle de "profond sens des responsabilités", de "contribuer à l'émergence d'une candidature consensuelle". Signification : je me retire avant qu'on ne m'élimine. En se retirant lui-même, il évite l'humiliation d'un veto sec. Il se donne le beau rôle de l'homme d'Etat qui s'efface pour le consensus. Et surtout, il se place en faiseur de roi.

C'est là que son "topo" est garanti.

Que va-t-il se passer maintenant ? Le ou la futur(e) Secrétaire général(e) issu(e) des Caraïbes aura besoin de l'Afrique, aura besoin d'un relais. Et qui mieux que celui qui a eu l'élégance de se retirer pour elle, en citant l'esprit de consensus ? Macky Sall ne visait pas le 38e étage du building de l'ONU. Il visait l'ombre de celui qui va l'occuper. Soit un poste d'Envoyé spécial, de haut représentant, de médiateur sur les questions de paix et sécurité où l'Afrique est centrale comme il le rappelle lui-même dans sa déclaration. Soit un réseau, des financements pour sa fondation, une rente politique internationale qui le met à l'abri de Dakar.

Dans les deux cas, l'ambition affichée était un leurre dès le départ. Une candidature de façade pour négocier sa reconversion. Macky Sall n'a pas perdu la course au Secrétariat général. Il n'y a jamais vraiment couru. Il a joué un autre match : celui de son après-présidence. Et sur ce terrain-là, avec ce retrait, il vient peut-être de marquer son premier vrai point.

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