Économie

Scandale des 1700 milliards FCFA : l'ultimatum expire dans le silence total

Administrateur8 octobre 20264 min de lecture15 vues
Scandale des 1700 milliards FCFA : l'ultimatum expire dans le silence total
Scandale des 1700 milliards FCFA : l'ultimatum expire dans le silence total C'est le dossier qui pourrait faire vaciller la République gabonaise. 1700 milliards…

C'est le dossier qui pourrait faire vaciller la République gabonaise. 1700 milliards de francs CFA. Plus de 2,5 milliards d'euros évaporés dans la nature entre 1994 et 2022. Une ardoise colossale révélée par la Cour des Comptes, impliquant 600 hauts débiteurs de l'État. Un ultimatum avait été fixé au 7 octobre 2026 pour recouvrer cet argent. Cet ultimatum a expiré hier. Et depuis, c'est le silence. Un silence assourdissant qui inquiète tout Libreville.

Le scandale n'est pas nouveau, mais ses chiffres donnent le vertige. Dans son rapport d'audit couvrant près de 30 ans de gestion publique (1994-2022), la Cour des Comptes du Gabon a mis au jour un trou abyssal : 1700 milliards de FCFA de débets et d'amendes jamais recouvrés. Concrètement, ce sont des agents publics, des gestionnaires de crédits, des comptables et des entreprises qui ont été épinglés pour mauvaise gestion, détournements ou non-reversement de fonds publics.

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La Cour a prononcé des condamnations financières à leur encontre. Mais ces condamnations sont restées lettre morte. L'argent n'est jamais revenu dans les caisses de l'État. Face à l'indignation populaire, le gouvernement de la Transition avait décidé de frapper fort. Fin septembre, un ultimatum clair a été lancé : tous les 600 débiteurs avaient jusqu'au 7 octobre 2026 pour payer. Passé ce délai, la menace était explicite : transmission systématique de tous les dossiers à la Cour Criminelle Spécialisée (CCS), une juridiction d'exception chargée de juger les crimes économiques.

Le 8 octobre : Jour d'après et toujours rien

Nous sommes le 8 octobre 2026. Le délai est expiré. Combien ont payé ? Combien de milliards ont été recouvrés ? Combien de dossiers ont été transmis à la CCS ? Personne ne le sait. Le gouvernement n'a publié aucun communiqué. Le Ministère de la Justice est muet. Le Ministère des Comptes Publics, invisible. Ce silence contraste violemment avec la fermeté affichée il y a quelques jours. Sur les réseaux sociaux gabonais, la colère monte. Le hashtag #1700Milliards est en tendance à Libreville. « On nous a promis la rupture, la fin de l'impunité. Aujourd'hui, on a l'impression qu'on veut enterrer l'affaire », commente un internaute.

L'éviction qui sème le doute

Pour beaucoup d'observateurs, ce silence n'est pas un hasard. Il coïncide avec un événement qui a secoué le monde judiciaire gabonais : l'éviction spectaculaire du Premier Président de la Cour des Comptes, Alex Euv Moutsiangou, le 16 septembre 2026 lors du Conseil Supérieur de la Magistrature (CSM). Celui qui était à l'origine des révélations les plus explosives sur la gestion des finances publiques a été débarqué sans explication détaillée. Depuis son départ, le dossier des 1700 milliards semble avoir perdu son principal moteur.

L'opposition et la société civile crient à la manœuvre politique. « Comment comprendre qu'on limoge celui qui a découvert le scandale au moment où on est censé recouvrer l'argent ? C'est un signal terrible envoyé aux 600 débiteurs : vous pouvez dormir tranquille », dénonce un acteur de la société civile.

Et maintenant ?

Les enjeux sont immenses. 1700 milliards de FCFA, c'est près de deux fois le budget annuel de la santé au Gabon. C'est des centaines d'écoles, d'hôpitaux et de routes qui auraient pu être construits. Si le gouvernement ne communique pas dans les prochaines 48 heures, il prendra le risque de perdre toute crédibilité sur son discours de bonne gouvernance et de lutte contre la corruption. Les Gabonais n'attendent plus des promesses. Ils attendent trois choses concrètes : La publication de la liste des débiteurs qui n'ont pas payé, le montant exact recouvré avant l'ultimatum et la preuve de la transmission effective des dossiers à la Cour Criminelle Spécialisée. Sans ces actes, le scandale des 1700 milliards risque de devenir le symbole d'une impunité qui continue, malgré les discours de changement.

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