La dette cachée continue de faire des vagues à l'Assemblée nationale. Le député de Oussouye, Alphonse Mané Sambou, a lancé une charge virulente contre l'ancien gouvernement de Macky Sall, accusé d'avoir trompé le Fonds Monétaire International.
Dans une déclaration devenue virale, le parlementaire PASTEF affirme : "Le gouvernement est allé nous vendre au FMI en exhibant et en gonflant des données. Il a présenté un Sénégal émergent qui n'existait que sur papier pour continuer à emprunter". Pour le député, aujourd'hui Président de la Commission des Finances, l'ancien régime aurait sciemment maquillé les indicateurs macro-économiques. Alors qu'il annonçait un déficit budgétaire de 4,9% et une dette maîtrisée à 65% du PIB, l'audit commandé par le Président Bassirou Diomaye Faye en 2024 a révélé une tout autre réalité : un déficit de 10,4%, une dette proche de 100% du PIB et plus de 7 milliards de dollars d'engagements non déclarés, selon le rapport de l'Inspection Générale des Finances.
Conséquence directe de ces "données gonflées", le FMI a suspendu son programme avec le Sénégal en octobre 2024 pour "misreporting", soit transmission d'informations erronées. Le pays est resté 22 mois sans financement du Fonds. Paradoxe : c'est ce même Alphonse Mané Sambou qui doit aujourd'hui, à la tête de la Commission des Finances depuis le 15 octobre 2026, examiner le nouvel accord de 2,2 milliards de dollars conclu le 1er septembre 2026 entre le Sénégal et le FMI, après deux ans de négociations difficiles pour restaurer la crédibilité budgétaire. Un dossier qui place le nouveau patron des Finances au coeur du défi de la transparence qu'il a lui-même réclamé.

