La Roja avait prévu une formalité. Le Cap-Vert avait prévu un exploit. Score final : 0-0. Et tout un pays a retenu son souffle.
Par Clément WINSAVI
On nous l’avait vendue comme une promenade de santé. L’Espagne, machine à tiki-taka, super favorite pour soulever le trophée final. En face, le Cap-Vert. Petit poucet. Néophyte. Les "Requins Bleus" qu’on attendait juste pour la photo de groupe. 90 minutes plus tard, c’est la Roja qui a l’air perdue en mer.
LE MUR CAP-VERDIEN
0 but encaissé. Zéro. Pas une brèche. Pas une faille. Les Cap-Verdiens ont défendu comme si leur vie en dépendait. Bloc bas, solidarité, tacles qui font mal. Chaque attaque espagnole s’est brisée contre ce mur bleu.
L’Espagne a eu le ballon. 90% de possession. 800 passes. Mais à quoi bon posséder l’océan si tu n’arrives pas à faire boire les requins ?
LA ROJA MUETTE
Le vrai scandale, c’est ce 0 au tableau des Espagnols. Quand tu t’appelles "super favorite", tu n’as pas le droit de rentrer bredouille contre un néophyte. Manque d’inspiration ? Manque de tranchant ? Les deux. Surtout, le gardien capverdien qui a tout joué. Le héros. Il en pleure d'ailleurs au coup de sifflet final. Oui ! Héros parce que grâce à lui, le tiki-taka est devenu du "tiki-bloqué". Beau à voir, stérile à l’arrivée.
LE CAP-VERT ÉCRIT L’HISTOIRE
Match nul. Mais pour les Requins Bleus, c’est une victoire morale historique. Première Coupe du Monde, premier point contre une géante. Ils ne sont plus venus pour figurer. Ils sont venus pour mordre.
Leurs supporters l’ont compris : à la dernière seconde, le 0-0 sonnait comme un 5-0. Les joueurs cap-verdiens sont tombés dans les bras les uns des autres. L’Espagne, elle, est repartie tête basse.
VERDICT
Ce 0-0 n’est pas anodin. C’est un avertissement. En Coupe du Monde, il n’y a plus de petites équipes. Juste des équipes qui y croient, et des favorites qui doutent. L’Espagne a évité la défaite. Le coup de tête sur le corner aurait pu provoquer le séisme. Le Cap-Vert aurait pu scorer. Mais l'Espagne n’a pas évité la honte. Le Cap-Vert a gagné le respect de la planète foot.
Et nous, on a compris une chose : les Requins Bleus ne sont pas là pour décorer l’aquarium. Ils sont là pour mordre les favoris.

