Lors du Conseil des ministres du 15 octobre, le chef de l'État gabonais a annoncé une refonte radicale du code électoral avec deux mesures chocs : l'instauration du vote obligatoire et l'interdiction du transport organisé des électeurs.
C'est une petite révolution politique qui se dessine au Gabon. Le Président Brice Clotaire Oligui Nguema a profité du premier Conseil des ministres de son nouveau gouvernement, tenu ce jeudi 15 octobre 2026, pour annoncer les contours d'un nouveau pacte démocratique. Au cœur de cette réforme : rendre le vote obligatoire. Jusqu'ici perçu comme un droit civique facultatif, « le passage aux urnes va devenir un devoir incombant à chaque Gabonais », indique le compte-rendu officiel du Conseil. L'objectif affiché est de « responsabiliser le citoyen ». Cette mesure s'inscrit dans un chantier plus large, celui de la moralisation de la vie publique et politique, conformément aux attentes exprimées lors du Dialogue National Inclusif (DNI) d'avril 2024.
Selon le communiqué final du Conseil, cette moralisation suppose trois actions concrètes à savoir remettre à plat le fichier électoral, mettre fin à l'instrumentalisation des populations notamment au transport organisé d'électeurs et responsabiliser le citoyen en rendant obligatoire la participation au vote. La seconde mesure, l'interdiction stricte du transport organisé des électeurs, est présentée comme le pivot de cette réforme. Une pratique courante au Gabon, souvent décriée comme du “bétail électoral”, qui serait désormais bannie.
Le Président Oligui Nguema s'inspire ainsi des modèles européens, où l'abstention peut entraîner des sanctions civiques. Reste à définir les modalités d'application. Deux questions cruciales demeurent sans réponse pour l'heure. Quelles seront les sanctions pour les abstentionnistes? Le vote blanc sera-t-il comptabilisé comme suffrage exprimé? Le gouvernement est chargé de traduire ces directives présidentielles en textes de loi dans les prochains jours.

