Société

Avc / Le cri d'alarme de Cotonou : Victimes, médecins et journalistes brisent le silence

Administrateur2 novembre 20263 min de lecture1 vues
Avc / Le cri d'alarme de Cotonou : Victimes, médecins et journalistes brisent le silence
Les chiffres donnent le vertige. L'OMS estime à 15 millions le nombre de personnes touchées chaque année dans le monde, dont 6 millions décèdent. À Cotonou, une enquête menée sur…

 

Le 31 octobre à la Maison des médias, l'association AVerCion Aversion a réuni rescapés, spécialistes et presse pour une cause : faire de l'AVC une affaire de tous. Un dialogue fort, porté par le témoignage choc de son président.

Tout a commencé par une histoire personnelle. Celle de Hervé Prudence Hessou. Le 29 juillet 2025, alors qu'il se trouvait près du marché Ménontin avec des collègues, le président de l'UPMB et de l'association AVerCion Aversion a senti son corps lâcher. Impossible d'aller aux toilettes, malaise au retour, appel en urgence à son voisin médecin, puis admission à l'hôpital de Ménontin. C'était un AVC. En racontant cela, il a résumé l'esprit de la journée du samedi 31 octobre 2026 à la Maison des médias Thomas Mègnassan Gbèdjromédé : l'AVC n'avertit pas, il frappe partout, et chaque minute compte. Organisé dans le cadre de la Semaine de sensibilisation démarrée le 25 octobre, ce "Dialogue Cerveau & Voix" avait un thème clair : "Victimes, soignants et médias : une même conversation".

Quand les experts décryptent

Modérés par la journaliste santé Zakiath Latoundji, ancienne présidente de l'UPMB, cinq spécialistes ont pris la parole. Le Dr Richard Houézé, neurologue vasculaire et commissaire divisionnaire de la Police républicaine, a martelé l'urgence : devant un signe d'AVC, il faut appeler immédiatement les secours. La cardiologue du CHIC, Dr Nkié Sylvia Goudou, a pointé du doigt l'hypertension, ennemi silencieux, et rappelé qu'une bonne alimentation protège les artères et stabilise la tension. Avec une image forte, le Dr Alexandre D. Faton, spécialiste en médecine physique et réadaptation et colonel des FAB, a comparé l'AVC à une coupure d'eau dans un quartier : privés d'eau, les habitants souffrent, comme les neurones privés de sang. Son rôle : aider la motricité à revenir. Edith Ochoumare Choukpa, orthophoniste et trésorière de l'ABEPO, a expliqué comment l'AVC vole la parole et la communication, et comment on les rééduque.

Enfin, Antoine Dovonon, kinésithérapeute et vice-président de l'ABEKIR, a lancé un avertissement direct : arrêtez de perdre du temps chez les guérisseurs et féticheurs, chaque détour retarde l'hôpital et compromet définitivement la récupération. Hypertension, diabète, tabac, alcool, sédentarité : les facteurs de risque ont été passés au crible devant un public très participatif.

15 millions de victimes par an

Pourquoi cette mobilisation ? Les chiffres donnent le vertige. L'OMS estime à 15 millions le nombre de personnes touchées chaque année dans le monde, dont 6 millions décèdent. À Cotonou, une enquête menée sur plus de 15 000 habitants révèle une prévalence de 4,6 pour 1 000. L'AVC est une urgence de santé publique. Pour Hervé Prudence Hessou, ce combat est personnel et professionnel. "Il faut communiquer et informer sur l'AVC. On croit le connaître, mais il reste méconnu. Chacun doit savoir quoi faire au bon moment", a-t-il insisté. Et d'ajouter : "Je ne peux pas être journaliste depuis près d'un quart de siècle, présider l'Union, vivre cela et me taire." Au final, un seul message est resté dans la salle : on peut prévenir l'AVC, le reconnaître et mieux accompagner les survivants. À condition que victimes, soignants et médias parlent enfin d'une seule voix.

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