C'est un tournant historique pour le continent. Réunis à Abuja, les acteurs du secteur énergétique africain ont officiellement lancé la Banque Africaine de l'Énergie.
Capital de départ : 5 milliards de dollars. Ambition : financer enfin l'énergie africaine par les Africains, et mettre fin à des décennies de dépendance aux bailleurs étrangers qui freinent les projets pétroliers et gaziers. La création a été actée le 31 octobre 2026, à l'issue de plusieurs mois de négociations entre l'African Petroleum Producers Organization (APPO) et Afreximbank. Le siège sera basé à Abuja, au Nigeria, première puissance pétrolière du continent.
Financer le pétrole, le solaire et l'éolien
Contrairement aux institutions internationales qui se détournent des énergies fossiles, la nouvelle banque assumera une approche mixte et pragmatique. Elle financera à la fois les projets pétroliers et gaziers, indispensables pour l'industrialisation, mais aussi la transformation locale, les raffineries, le solaire, l'éolien et les réseaux. L'objectif est clair : valoriser les ressources africaines sur place au lieu de les exporter brutes. L'urgence est réelle. Aujourd'hui encore, plus de 600 millions d'Africains n'ont pas accès à l'électricité. Les coupures freinent la croissance, les industries et la création d'emplois.
Rendez-vous à Abidjan
La Banque Africaine de l'Énergie fera sa première grande présentation publique lors du SIREXE, le Salon International des Ressources Extractives et Énergétiques, prévu du 18 au 22 novembre à Abidjan. Pour le Bénin et la sous-région, l'enjeu est de taille. L'accès à des financements adaptés pourrait accélérer l'électrification rurale, les projets gaziers du bassin et les centrales solaires. Avec cette banque, l'Afrique ne demande plus la permission pour financer son développement. Elle se donne enfin les moyens de sa souveraineté énergétique.

