Pour défendre sa doctrine économique, le président nouvellement élu du Brésil, Luiz Inácio Lula da Silva, a assumé une thèse à contre-courant des économistes classiques. Cette doctrine prend donc à contre-pied ce que prônent la plupart e dirigeant
Par C. W.
« J'ai des divergences avec beaucoup d'économistes, parce que j'ai une thèse économique. Ma thèse est la suivante : beaucoup d'argent entre les mains de peu de gens, c'est la pauvreté, et peu d'argent entre les mains de beaucoup de gens, c'est la richesse. Et c'est pour cela que je mise beaucoup sur la micro-économie, c'est pour cela que je mise beaucoup sur le micro-crédit, c'est pour cela que je mise beaucoup sur le micro-entrepreneur individuel, c'est pour cela que je mise beaucoup sur le petit entrepreneur, c'est pour cela que nous menons la plus grande politique de crédit que ce pays ait jamais connue. Et les choses fonctionnent. Ce qui fait croître l'économie du Brésil, c'est ce qu'on appelle la micro-économie. C'est de faire circuler l'argent entre les mains du peuple », a affirmé le brésilien. Une déclaration qui a trouvé un écho favorable au Bénin.
Réagissant à cette sortie, le président du parti politique Mouvement Populaire de Libération (MPL), Expérience Tèbè, a salué une vision qu'il estime utile pour le continent. « Je pense qu'il y a quelque chose de bien à retenir dans la thèse du Président Lula pour le bien de nos peuples », a-t-il déclaré. Pour le leader du MPL, formation qui a récemment soutenu le duo Wadagni-Talata à la présidentielle béninoise de 2026 et qui prône un Nouveau Pacte Social pour le développement, la leçon de Lula est claire : la vraie croissance ne vient pas de la concentration du capital, mais de sa redistribution par le bas.
Expérience Tèbè, qui défend l'idée de faire des six pôles de développement des "locomotives économiques" pour une meilleure répartition de la richesse, voit dans la micro-économie brésilienne un modèle adaptable au Bénin. Là où les politiques d'austérité privilégient les grands équilibres macro-économiques, Lula propose l'inverse : injecter du crédit dans les mains des petits commerçants, des artisans, des femmes entrepreneures, des micro-entreprises, pour créer un cercle vertueux de consommation, de production et d'emploi. Une approche qui, selon le président du MPL, pourrait inspirer les politiques publiques béninoises à l'heure où le chômage des jeunes et la faible industrialisation restent des défis majeurs. Entre le Brésil de Lula et le Bénin, le pont est donc économique et surtout social : faire circuler l'argent, non pour enrichir une minorité, mais pour enrichir la Nation.

