Société

La panique Africaine d'ebola : 4.887 morts Sur 10.060 Cas en RDC et 2 morts sur 9 cas au Kenya

Administrateur29 octobre 20263 min de lecture4 vues
La panique Africaine d'ebola : 4.887 morts Sur 10.060 Cas en RDC et 2 morts sur 9 cas au Kenya
Sur le terrain, la riposte se heurte à trois murs : l'insécurité qui empêche les équipes d'accéder aux villages, la méfiance des populations envers un État absent depuis des années, et la porosité…

La peur revient en Afrique. L'épidémie d'Ebola qui sévit depuis mai en République Démocratique du Congo a franchi un seuil critique et s'exporte désormais hors des frontières congolaises, faisant craindre une crise sanitaire régionale.

Par Clément WINSAVI

Selon le dernier bilan officiel publié mardi 28 octobre par les autorités sanitaires congolaises, le pays compte 10.060 personnes infectées pour 4.887 décès. Soit un taux de létalité proche de 50%. C'est de loin l'épidémie la plus meurtrière de l'histoire de la RDC, qui en est pourtant à sa 17ème flambée. Le foyer initial, détecté dans la province de l'Ituri dans le nord-est, s'est étendu comme une traînée de poudre à travers le Nord-Kivu, une région déchirée par les conflits armés et partiellement contrôlée par la rébellion M23 soutenue par le Rwanda. Sur les 10.060 cas, seuls 2.684 patients ont guéri, selon l'Institut National de Santé Publique. Ce qui inquiète le plus l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), c'est la nature même du virus. Il s'agit de l'espèce Bundibugyo, une souche rare d'Ebola pour laquelle il n'existe à ce jour ni vaccin homologué ni traitement spécifique. Les vaccins utilisés contre l'espèce Zaïre lors des précédentes épidémies sont inefficaces.

Et l'épidémie n'est plus congolaise.

Au Kenya, qui n'avait jamais enregistré un seul cas avant le 6 octobre, le bilan s'est alourdi : 9 cas confirmés dont 2 morts, la plupart chez des voyageurs ayant séjourné en RDC. Le Nigeria, l'Ouganda et désormais une évacuation sanitaire vers la Suisse – une femme diagnostiquée après un séjour au Nigeria et rapatriée à Genève le 26 octobre – montrent que le virus voyage plus vite que les équipes de riposte. Le Dr Mohamed Yakub Janabi, Directeur Régional de l'OMS pour l'Afrique, a tiré la sonnette d'alarme : "Aujourd'hui, l'épidémie ne se limite plus à un seul endroit. Il s'agit d'un problème régional qui exige une vigilance régionale et une détermination collective. Nous sommes confrontés à un contexte épidémique plus complexe."

Sur le terrain, la riposte se heurte à trois murs : l'insécurité qui empêche les équipes d'accéder aux villages, la méfiance des populations envers un État absent depuis des années, et la porosité des frontières. À Cotonou, aucune mesure spécifique n'a encore été annoncée, mais au Ministère de la Santé, on assure suivre la situation. Les premiers pas ont été tout e même franchis. A l’aéroport, les mesures ont été prises pour renforcer l vigilance.  La leçon de 2014 n'est pas oubliée : quand Ebola s'emballe en Afrique centrale, aucun pays ouest-africain n'est à l'abri. L'Afrique retient son souffle.

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