Société

Médias béninois : l'UPMB drague cuba pour former ses journalistes

Administrateur29 octobre 20263 min de lecture15 vues
Médias béninois : l'UPMB drague cuba pour former ses journalistes
Si l'engagement cubain se concrétise, des cohortes de journalistes béninois pourraient dès 2027 partir se spécialiser en santé, agriculture, environnement ou fact-checking à La Havane, tandis que …

- Hervé Prudence Hessou reçu par l'ambassadrice Denisse Amaro Salabarria 

Reçu lundi par l'Ambassadrice cubaine, le président de l'UPMB, Hervé Prudence Hessou, a plaidé pour des bourses et une expertise cubaine afin de spécialiser et cartographier les professionnels des médias béninois. Un virage stratégique.

Innocent DEGNY

 L'Union des Professionnels des Médias du Bénin cherche désormais son modèle de professionnalisation à La Havane. Lundi 26 octobre, son président, Hervé Prudence Hessou, a été reçu à Cotonou par Son Excellence Denisse Amaro Salabarria, Ambassadrice de Cuba près le Bénin. Une rencontre qui n'a rien de protocolaire. C'est une offensive diplomatique pour la nouvelle équipe de l'UPMB. Face à la diplomate, Hessou a déroulé son plan de bataille : sortir le journalisme béninois du généralisme fourre-tout pour l'amener vers la spécialisation. L'idée, selon nos informations, est de bâtir un programme croisé de renforcement de capacités entre journalistes béninois et cubains, avec des échanges de pratiques, des formations pointues en journalisme d'investigation, en communication institutionnelle et en journalisme scientifique.

Le patron de l'UPMB a mis sur la table deux demandes concrètes. La première, politique : un appui technique cubain pour réaliser la cartographie nationale des professionnels des médias. Un chantier que l'UPMB considère comme vital pour assainir la profession, identifier qui est journaliste, qui ne l'est pas, et où. La seconde, plus opérationnelle : l'obtention de bourses de formation dans les prestigieuses écoles de journalisme et universités cubaines. Cuba, faut-il le rappeler, est une référence mondiale en matière de formation journalistique, avec son Institut International de Journalisme José Martí qui forme depuis des décennies des professionnels de tout le continent. De sources proches de la rencontre, l'Ambassadrice Denisse Amaro Salabarria s'est montrée très réceptive. Elle a salué la démarche structurée de l'UPMB et s'est engagée, "dans la mesure du possible", à accompagner l'Union pour traduire cette volonté en actes concrets.

L’innovation

Ce rapprochement n'est pas fortuit. Alors que la plupart des coopérations médias du Bénin sont tournées vers l'Occident, l'UPMB tente un rééquilibrage vers le Sud. Un partenariat avec Cuba, pays sous embargo mais reconnu pour sa résilience et son système de formation rigoureux, offrirait au Bénin une alternative crédible, moins coûteuse et idéologiquement moins conditionnée. Pour le président Hessou, élu il y a quelques mois, c'est aussi une manière d'affirmer son leadership. Après avoir promis de "redonner de la dignité au métier", il cherche des résultats tangibles : des formations qui débouchent sur de vrais certificats, pas des séminaires de deux jours avec attestation de participation.

Si l'engagement cubain se concrétise, des cohortes de journalistes béninois pourraient dès 2027 partir se spécialiser en santé, agriculture, environnement ou fact-checking à La Havane, tandis que des formateurs cubains viendraient appuyer le recensement national des journalistes. Une chose est sûre : en allant frapper à la porte de l'Ambassade de Cuba, l'UPMB envoie un signal clair. La professionnalisation des médias ne se fera pas seulement avec des discours à Cotonou, mais avec des alliances fortes à l'international.

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