Politique

Sénégal : Jour J sous haute tension à Dakar, le budget 2026 joue son avenir ce mardi

Administrateur3 novembre 20263 min de lecture49 vues
Sénégal : Jour J sous haute tension à Dakar, le budget 2026 joue son avenir ce mardi
Ousmane Sonko va-t-il, en tant que Président de l'Assemblée, siffler la fin de la récréation et faire voter le texte pour sauver l'État, ou va-t-il laisser le…

Dakar retient son souffle. Ce mardi 3 novembre à 10h00 TU, les députés sénégalais se retrouvent en séance plénière pour examiner la loi de finances rectificative (LFR) 2026. Après deux rejets cinglants en commission, le texte arrive sous pression maximale. Trésorerie à sec, menace de défaut, négociations bloquées avec le FMI. C'est la plénière de tous les dangers.

C'est une première sous l'ère Diomaye Faye, et elle vire au psychodrame. L'Assemblée nationale du Sénégal est convoquée en urgence absolue. Dans un communiqué officiel publié dimanche soir, la présidence de l'Assemblée informe : "Séance plénière ce mardi 3 novembre à 10h00 à Dakar, au Palais de l'Hémicycle. Ordre du jour unique : le projet de loi n°40/2026 portant loi de finances rectificative pour l'année 2026." Le dossier est brûlant. Et l'histoire récente est brutale. Vendredi dernier, la Commission des Finances a infligé un double camouflet au gouvernement. Deux fois, le texte a été présenté. Deux fois, il a été rejeté. Un revers majeur pour le Premier Ministre Ahmadou Al Aminou Lô et son Ministre de l'Économie, des Finances et du Plan, qui doivent venir défendre eux-mêmes le texte devant la représentation nationale.

Mais le blocage ne vient pas de l'opposition. Il vient du cœur même du pouvoir.

Car c'est là que tout bascule : le groupe parlementaire PASTEF, majoritaire à l'Assemblée avec 130 députés sur 165, est le premier rideau qui bloque le budget. PASTEF, le parti du Président de l'Assemblée nationale, Ousmane Sonko. Et c'est depuis ce perchoir qu'il mène la fronde contre le “caractère non transparent” du budget du Président Bassirou Diomaye Faye. La rupture consommée et publique livre un nouvel épisode chaque jour. Entre les deux hommes qui ont incarné le "Projet" de rupture, le divorce est profond. D'un côté, Diomaye Faye, à la Présidence, qui tente de rassurer les bailleurs et de tenir les engagements avec le FMI. De l'autre, Sonko, au Palais de l'Hémicycle, qui estime que la LFR trahit l'esprit souverainiste et ne coupe pas assez dans les dépenses de prestige.

Résultat : le gouvernement d'Ahmadou Al Aminou Lô est pris en étau. Le Ministère des Finances a alerté : "Si la LFR n'est pas votée, c'est la trésorerie de l'État qui est menacée." Le risque n'est pas théorique. Il est immédiat : impossibilité de payer les salaires, de régler les fournisseurs, de poursuivre les chantiers. Sans LFR, pas de décaissement du FMI. Sans décaissement, pas de marge. Face à ce spectacle, l'opposition, elle, observe et attaque autrement. Les groupes Takku Wallu et Farlu dénoncent non pas le fond du budget, mais la méthode. "Vous sacrifiez l'intérêt général sur l'autel d'une querelle de personnes", lancent-ils aux députés PASTEF. Pour eux, le pays est pris en otage par une guerre de succession au sommet, avant même la mi-mandat.

Ambiance électrique en plénière

Ce mardi à 10h00, tous les regards de la CEDEAO seront tournés vers Dakar. Ousmane Sonko va-t-il, en tant que Président de l'Assemblée, siffler la fin de la récréation et faire voter le texte pour sauver l'État, ou va-t-il laisser le rejet se confirmer pour affaiblir Diomaye Faye ? D'un autre, Faye va-t-il baisser la garde et ajuster la LFR à l'exigence du Pastef ? Le vote sera-t-il un soulagement ou le début d'une crise institutionnelle ouverte entre la Présidence et l'Hémicycle ? Une chose est sûre : cette plénière sous haute tension va marquer l'histoire politique sénégalaise.

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